Dimanche 20 août 2017

Faits marquants

Naissance à Québec le 5 juillet 1892

J.-Ulric Voyer, est né, a vécu et est décédé à Québec. C'est dans cette ville qu'il composa ses opéras ainsi qu'à Val-Bélair.

Compositeur et librettiste de l'opéra L'intendant Bigot PDF Imprimer Email

 

L'intendant Bigot, opéra de J.-Ulric Voyer et Alfred Rousseau.

 

Fils de Napoléon Voyer, commis-voyageur, et de Délima Dion, Joseph-Joachim-Ulric Voyer naît à Québec le [7 juillet 1893]. Il étudie le piano avec Edmond-J. Trudel et l'orgue et l'harmonie avec Léon Demers. Professeur de musique pendant quelques années, il entre au service de la maison J.-B. Renaud et Cie où il occupe successivement les fonctions de commis, de comptable puis de gérant du service. Il publie quelques-unes de ses compositions musicales dans le Passe-Temps et, en 1932, il devient directeur musical de CHRC à Québec. Il meurt à Québec le 8 janvier 1935. Il avait épousé Alice Bédard le 22 septembre 1913.»

Joseph-Alfred Rousseau naît le 29 octobre 1867 à Saint-Michel-de-Bellechasse de Fortunat Rousseau, gérant pour la compagnie d'assurance "les Prévoyants du Canada", et, d'Héloïse Lavallée. Il fait ses études classiques et son cours commercial au Collège de Lévis (1909-1917). Il est d'abord commis de banque puis fonctionnaire fédéral, avant de succéder à son père. Dès la commercialisation de la radio, il entreprend une carrière de rédacteur. Il écrit, de 1931 à 1965, plusieurs comédies, radio-romans et sketches diffusés à CHLP et CKAC, ainsi que des livrets d'opéras et d'opérettes représentés par des troupes d'amateurs à travers la province. Il a également écrit une douzaine de romans populaires souvent signés de pseudonymes tels Jean Lecoq, Jules Berville... En 1965, il se retire de la vie publique. Il a épousé Adrienne Gagné, le 10 novembre 1940 à Montréal.

Les 5 et 7 février 1929, la Société canadienne d'Opérette présentait au Monument National de Montréal, sous la direction du chef d'orchestre Albert Roberval, ce qui fut peut-être le premier opéra canadien, l'Intendant Bigot. À la suite de l'accueil reçu lors de cette création, la Société reprit la pièce à l'Auditorium de Québec les 22 et 23 mars suivants, sous la direction d'Edmond-J. Trudel. Ce succès étonne peu, l'opéra étant écrit en fonction d'un public plutôt bourgeois, friand de drames historiques et d'histoires d'amour.

Pour payer une dette de jeu, Bigot promet au marquis de Saint-Germain la main de la belle Gemma Dumas, déjà fiancée au chasseur Raymond. Mais Gemma résiste aux avances du marquis et Bigot doit organiser un rapt au cours duquel, avec l'aide d'un groupe de bandits, il capturerait Gemma non plus au bénéfice du marquis, mais pour lui-même. Raymond et le marquis de Saint-Germain ont tous deux vent de quelque chose et se présentent au lieu dit. Le rapt échouera donc, non sans avoir provoqué la mort accidentelle de la pauvre Gemma. Bigot paiera de sa vie la colère de Raymond qui perd ainsi sa fiancée, celle du marquis qui a été joué et, enfin, celle du peuple qui, affamé et pauvre, ne peut plus supporter les duperies de l'Ours-Noir.

Par son livret, - la musique n'étant malheureusement pas disponible,- l'Intendant Bigot rappelle certains opéras de Verdi: le mépris de Dumas et de sa fille Gemma pour la noblesse cupide et hautaine et la valorisation d'un peuple de paysans honnêtes sont aussi de Rigoletto. L'action, pas assez étoffée, reste superficielle, même si certains couplets et certaines scènes laissent entrevoir de grandes possibilités d'harmonisation musicale.

Aux lendemains des représentations de l'Intendant Bigot à Montréal et à Québec, la critique était unanime à saluer la création d'un opéra national par une troupe de grande qualité. Malgré le succès remporté par la Société canadienne d'Opérette auprès de son public, la carrière de cet opéra fut de courte durée. C'était peut-être plus un succès d'estime que l'effet d'une qualité dramatique et musicale réelle.

Lucie Robert

 

Extrait de:
Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec
sous la direction de Maurice Lemire avec la collaboration de Gilles Dorion, André Gaulin et Alonzo Le Blanc professeurs de l'Université Laval.
Tome II, 1900-1939, Fides, Montréal.