Dimanche 22 octobre 2017

Faits marquants

Naissance à Québec le 5 juillet 1892

J.-Ulric Voyer, est né, a vécu et est décédé à Québec. C'est dans cette ville qu'il composa ses opéras ainsi qu'à Val-Bélair.

Accueil Intendant Bigot L'oeuvre Caractère général
Caractère général de l’œuvre PDF Imprimer Email

Trois actes se déroulant dans des décors différents et du plus vif intérêt. Le premier est tout simplement grandiose: la Côte de Beaupré, le Saint-Laurent, le vieux Québec, Lévis et les montagnes de la Beauce dans le lointain. Le deuxième acte, d'un aspect rustique, un beau jardin en automne, est bien en harmonie avec les sentiments de la sympathique Gemma. Le troisième acte, c'est le déploiement du faste du roi soleil, qui fait un agréable contraste avec la simplicité et la tranquillité de l'acte précédent; le magnifique Palais de l'Intendant, le froufrou des costumes de l'époque, les riches décorations.

1er acte

Force, vigueur, gaité, enthousiasme.

C'est le peuple canadien, robuste et courageux qui, malgré les jours difficiles, les privations et les ennuis de toutes sortes qu'entraînaient l'administration ruineuse et le gaspillage éhonté de l'Intendant, ne se départait pas de sa vieille gaité gauloise. Ici, les chœurs prennent une large part dans la partition, chœurs aux mâles et vibrants accents.»


2ième acte

Sentimentalité, amour Scènes intimes de la vie familiale. Ardentes mélodies du vieux Dumas qui incarne le peuple canadien trompé, épuisé, le peuple qui souffre, soupire et se révolte, qui déteste et maudit Bigot et ses amis dont la conduite honteuse et le gaspillage jettent la patrie au tombeau.»

Et puis, mélancoliques rêveries de la douce Gemma, la femme canadienne dans toute sa beauté, la richesse de ses sentiments nobles et purs, la droitesse de ses pensées, l'ardeur de son amour puissant et sincère. Mais, hélas! Gemma c'est aussi l'image de la France qui, de toute part assaillie, va bientôt mourir sur le sol canadien.

 

3ième acte

Élégance, Grandeur

Ne fusse que pour avoir été bercés au récit de ses légendes, tous connaissent le fameux Bigot et l'odieuse séquelle du Palais de l'Intendance, Cadet, De Péan, Dechesneaux, etc... élégants parvenus d'alors, tripoteurs des deniers du roi, pressureurs du peuple et actionnaires de la Grand Compagnie que l'on surnommait « La Friponne »... Héroïsme et trahison, ou «Traître et Brave» tel que l'intitulait Marmet, ces heures d'angoisse où la France se mourait sur la terre d'Amérique, ne pouvait manquer d'offrir un essor vraiment grand et vraiment beau à toute conception artistique.

C'est fête au Palais. Beaucoup de pompe et de faste. Tout respire la magnificence, la prodigalité, la jouissance et les plaisirs.

Choeur des Gentilshommes, seigneurs et militaires, dames et demoiselles qui forment la cour de l'Intendant Bigot et de la célèbre Angélique des Meloises (Madame Péan) en un soir de bal comme seul Bigot savait en donner.»

La nuit est venue. Le Palais est illuminé. On chante, on rit cependant que le chasseur Raymond, farouche et en proie à la plus vive angoisse, rôde autour du Palais car il sait qu'elle est là!

Et puis, choeur du peuple qu'un coup de feu a mis en éveil et qui accourt de la Basse-Ville sur la place du Palais de l'Intendance; flot grossissant de la foule, parmi laquelle on distingue des vieillards en bonnet rouge; des vieux soldats, glorieux mutilés de la guerre, portant la Croix de Saint-Louis sur la poitrine; des marins aux allures de corsaires, venus comme pour un coup de main; des vieilles femmes sorties en grande hâte, un châle sur la tête; des enfants pieds nus, etc. etc. Détail saisissant de la misère du peuple dont le ressentiment, si longtemps contenu, éclate, enfin, et déferle sur le Palais de l'Intendance, troublant la fête qui s'y donne.»

Dans ce choeur final, chacun des personnages exprime son sentiment personnel; c'est d'un côté, l'amour déçu de Raymond, éploré, à genoux près de sa fiancée morte; c'est le mépris du marquis ayant tramé, à son insu, dans une intrigue de Bigot; c'est madame Péan, désabusée; c'est l'aimable Rosine, délaissée par le marquis; c'est, enfin, Bigot, dont les crimes sont mis à jour et qui cherche en vain à dominer les cris de vengeance de ses propres amis et les rugissements de la foule ameutée contre lui...Il appelle à son secours la force orchestrale des trompettes et des trombones, à leur tour dominés par les cordes et les bois qui, dans un motif brillant et sonore, appuient les grands chœurs cependant que les cors au son moelleux soutiennent la voix mélancolique des vieillards qui déplorent la fin prochaine de la France sur le sol canadien.

C'est sous l'habile direction du Dr Paul Trépanier que sont commencées les répétions des chœurs dont chaque groupe a son caractère distinctif et sa propre valeur.

 

Source : La Lyre (Montréal), vol. 6 no 62, janvier 1929

La distribution des rôles, comme on pourra en juger, comprend les meilleurs artistes de la Société :


Bigot (baryton-basse): Armand Gauthier
Le Marquis (baryton) : Chs. E. Brodeur
Raymond (ténor) : Paul Trottier
Dumas (basse) : Hercule Lavoie
Toinon (ténor) : Roméo Mousseau
1er Bandit (ténor) : Paul Vaillancourt
2ème Bandit (baryton) : Napoléon Roy
3ème Bandit (basse) : Paul Radakir
Gemma (soprano) : Mlle M.-R. Descarries
Madame Péan (mezzo-soprano) : Mme J. Maubourg-Roberval
Rosine (soprano) : Mme. Y. Thibodeau»