Dimanche 22 octobre 2017

Faits marquants

Naissance à Québec le 5 juillet 1892

J.-Ulric Voyer, est né, a vécu et est décédé à Québec. C'est dans cette ville qu'il composa ses opéras ainsi qu'à Val-Bélair.

Accueil Intendant Bigot L'oeuvre Bigot, source d'inspiration
Bigot et Rigaud PDF Imprimer Email

François Bigot, dernier intendant de la Nouvelle-France; Jacques-Michel Bréard, contrôleur de la Marine, marchand et membre du Conseil supérieur de Québec; Joseph-Michel Cadet, homme d'affaires et manutentionnaire des armées françaises au Canada, Hugues-Jean-Michel Péan, aide-major de Québec et entremetteur de Bigot; Angélique Péan née Renaud d'Avène des Méloizes, épouse de ce dernier, maîtresse du premier et appelée «la Pompadour» de l'intendant. Tous ces gens pas propres sous leurs habits de soie représentent, avec d'autres, le noeud de la bande à Bigot. Au moment où la colonie française de la vallée du Saint-Laurent court les pires dangers, ils se bâtissent, frauduleusement, des fortunes indécentes. Après la conquête anglaise, ils finiront tous leur vie, tranquilles et confortables, en France ou en Suisse.

On l'appelle «l'affaire du Canada». C'est l'un des procès les plus fameux du XVIII ième siècle, en France. Les historiens d'aujourd'hui disent que la corruption et les scandales financiers révélés à cette occasion annoncent déjà la révolution de 1789.

Tout commence, à Paris, en novembre 1761, par l'arrestation et l'emprisonnement d'un groupe de fonctionnaires coloniaux. La bande à Bigot était revenue en France, en catastrophe, un an plus tôt. La fin désastreuse de l'aventure française au Canada a choqué l'opinion. elle réclame des têtes en pâture. Le dernier intendant de la Nouvelle-France et ses amis ont le profil parfait pour jouer les boucs émissaires.

Le procès durera deux ans. Il est conduit par une commission du Châtelet qui ne compte pas moins de 27 magistrats sous la présidence du lieutenant général de police Antoine de Sartino... Quinze jours avant le jugement, les gazettes populaires annoncent que Bigot aura la tête tranchée et que Péan et Cadet seront pendus. Cela calme l'opinion publique.

Le 10 décembre 1763, le jugement final est publié à des centaines d'exemplaires sur 78 pages et distribué comme un roman. Bigot est banni de France à perpétuité et tous ses biens sont confisqués. Il sera le seul à se plaindre de la sévérité de la peine. Les autres s'en tirent avec des amendes légères, tout compe fait.

Bigot, Bréard, Péan et leurs amis ont fait deux ans de prison à la Bastille entre le moment de leur arrestation et le jugement. Une prison dorée; ils ont droit à leurs meubles et à leurs vêtements; ils se font livrer leurs repas cuisinés par les meilleurs traiteurs de Paris; le gros Péan peut ainsi boire ses quatre à six bouteilles du meilleur bordaux quotidiennement. Sa femme et son âme damnée, la belle «Gélie»(Angélique) se charge de tout, comme toujours.

... C'est ainsi que Bigot pourra s'acheter une solide maison, à Cressier, près de Neuchâtel, en Suisse. Il y vivra une vie de grand bourgeois servi par trois serviteurs fidèles. Malgré son bannissement, il pourra même, en 1771, aller prendre les eaux à Bagnères, chez son ami Péan qui y mène la vie de château.

Bigot meurt dans son lit, en Suisse, le 12 janvier 1778. Il est enterré dans la petite église de Cressier. Pendant deux siècles, on a cru que Bigot s'était réfugié quelque part en Italie ou au Brésil. C'est l'historien Denis Vaugeois qui a éclairci le mystère de l'exil et de la mort de l'intendant maudit, après des recherches pointues en France et en Suisse. L'historien a publié ses conclusions, en 1968, dans la Revue d'histoire de l'Amérique française.

Les Canadiens souffrent de voir le commerce local écrasé par des profiteurs français, ils assistent, impuissants, à l'édification de fortunes insolentes sur les ruines des entreprises qu'ils ont eux-mêmes mises sur pied, et cela, parce que des politiciens véreux comme Bigot et Bréard conspirent avec les manieurs métropolitains comme Graids pour les évincer des grandes affaires et partout les appauvrir»écrit Guy Frégault.

 

Famine et crise économique

... Alors que Bigot et des douzaines de fonctionnaires royaux et d'officiers militaires français font fortune, la population canadienne souffre mille maux. Les prix sont gonflés. La nourriture manque. C'est la famine. C'est la crise économique. En 1759, les prix sont huit fois plus élevés que trois ans plus tôt. Le coût des biens au Canada est environ sept fois plus élevé qu'en France.

Pendant que la population civile crève de faim., Bigot et ses amis organisent des réceptions mondaines fastueuses. Les tables croulent sous la nourriture la plus fine, le vin et l'alcool. On y joue gros jeu aux cartes.

 

Extrait de :
La bande à Bigot : pendant que la population crève de faim, l'intendant et ses amis amassent des fortunes
par Louis-Guy Lemieux
in Le Soleil, Dimanche magazine, Nouvelle-France : la grande aventure, Québec, 10 août 1997.

Autres sources :
Bigot, François (Dictionnaire biographique du Canada)
Pierrre de Rigaud de Vaudreuil (Wikipedia)
L'Affaire du Canada (Wikipedia)